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Sommaire principal. 11/05/2017

Ce sommaire mène vers les sommaires des histoires présentes sur le blog. Il suffit de cliquer sur le lien de l'histoire qui vous intéresse pour avoir accès au résumé et au sommaire.

 

Légendes :
[X] : Contenu sensible
[P] Ecriture en pause
[C] Ecréture en cours
[T] Histoire terminée
[R] Recueil.

 

[C] La Croqueuse de Ciel. (roman : fantastique / fantasy)
[C] Elle que j'aime tant... (roman : romance / drame)
[C] [X] Violée. (roman : drame)
[C] La Belle aux Yeux de Lune. (roman : romance)

 

Pour ceux qui souhaitent lire mes fanfictions sur l'Univers de la saga Harry Potter, elle sont sur ce blog !

Tags : sommaire

Liste de prévenus. 15/11/2017

Il y aura une liste de prévenus pour  les histoires et recueils suivants.
 
Les prévenus recevront un message privé leur annonçant l'arrivée d'un nouveau chapitre ou poème de l'histoire ou recueil dont il voulait être prévenu. Pour demander à faire partie d'une liste de prévenus, il suffit de dire, en commentaire sur cet article (ET PAS UN AUTRE) que vous voulez être prévenus, en indiquant la ou les histoires concernées.
NB : Si vous voulez faire de la PUB pour votre blog, envoyez-moi un message privé. Ici c'est pour demander à faire la liste de prévenus, après je risque de ne pas voir toutes les demandes ! Je vous créerai un article réservé aux PUB's si vous voulez !

Et pour répondre aux Quoi de neuf, c'est ici !

Soyez en sûr, on sera tous gagnants si vous respectez ça !

Tags : Liste de prévenus

Sommaire - La Croqueuse de Ciel. 14/11/2017

Résumé : Melba n'a rien d'ordinaire, même pour un Ange. C'est un Ange qui, bien malgré elle, en fait voir de toutes les couleurs à ses confrères. En effet, elle est boulimique. Et cela pose un problème... un énorme problème ! Dominée par sa boulimie, elle a commencé à manger les nuages, et voilà que ses compagnons de fortune ne sont plus capables d'éviter tous les trous formés dans les nuages et tombent sur Terre. Le Ciel n'est plus un lieu sûr et paisible, et l'Ange en Chef décide de renvoyer Melba sur Terre pour lui permettre de réparer ses fautes.
 
1. Prologue (en ligne)
2. Chapitre 1 (en ligne)
3. Chapitre 2 (en ligne)
4. Chapitre 3 (en ligne)

 

Liste de prévenus :
1. 

Tags : sommaire - ange - boulimique - ciel - terre - fantastique

La Croqueuse de Ciel - Prologue. 14/11/2017

D'aussi loin que je me souvienne, je me suis toujours posé la même question : que voyez-vous lorsque vous regardez le ciel ? Au fond de moi, je suis persuadée que vous ne voyez pas du tout de la même manière que moi le monde qui s'offre à nous. En même temps, comment des êtres tels que vous pourraient voir le monde comme moi je le conçois ? Même en admettant que vous ayez la volonté de vous mettre à ma place et de retirer les ½illères que vous avez sur les yeux, je ne pense pas que vous parveniez à quoi que ce soit de probant...
Vous ne voyez pas les choses sous le même angle, tant au sens propre qu'au sens figuré ! Lorsque vous voyez une traînée blanche laissée par un avion, vous voyez une occasion de faire un v½u. Même chose lorsque vous voyez une étoile filante. Pour vous, tout ce qui est blanc est pâle. Et tout ce qui est clair est fade et délavé. Là où vous voyez un ciel fade, pâle, délavé et sans vie, je vois la vie et la civilisation. Dans chaque parcelle de ciel, je vois une âme aillée qui a élu domicile dans les hauteurs. Je vois des rues plus ou moins bien éclairées et énergiques, je vois votre Wall Street, je vois vos campagnes isolées, je vois vos villes étudiantes. Regarder le ciel m'a toujours fascinée et j'ai mis ma vie dans cette occupation. Le ciel est pour moi la vie avec un grand c.
Car oui, je suis un Ange et je m'appelle Melba. Les traînées blanches laissées par les avions ont créé nos allées plus ou moins sinueuses ou pentues. Sur chaque nuage, il y a de la vie. Et où il y a de la vie, il y a des habitations. Vous, les Humains, refusez, pour la plupart, d'admettre qu'il n'y a pas que sur Terre qu'il y a une vie et des civilisations. Vous vous leurrez fortement et vous complaisez dans cet aveuglement. Vous n'imaginez des vies ailleurs que sur Terre que pour vos ½uvres littéraires, cinématographiques et théâtrales, entre autres. Parfois, je souris avec indulgence et tendresse en pensant à cela. D'autres fois, en revanche, mon sourire se teinte de tristesse. Pour moi, et pour les Anges en général, les choses sont tellement claires !
Je suis un Ange tout ce qu'il y a de plus ordinaire. Seuls mon nom, mon surnom et mon défaut dévastateur (qui m'a d'ailleurs valu mon fichu surnom) me différencient des autres Anges. Je m'appelle Melba parce que j'ai un fabuleux teint de pêche à faire pâlir les autres Anges, mais surtout parce que j'ai hérité du pire des défauts selon moi. Et ce défaut cause la perte de nombre d'Anges innocents. Vous croyez à tort que les Anges sont parfaits et ne présentent aucun défaut. Vous vous trompez : la Perfection n'existe pas, même chez nous ! Mon défaut à moi est en vérité une maladie. Un trouble alimentaire, plus précisément. Je suis boulimique. C'est plus fort que moi : je mange tout ce que j'ai sous la main, je ne peux pas m'en empêcher !
Un jour, l'Ange en Chef a retiré tout ce qui était susceptible d'être mangé autour de moi. Le besoin viscéral de manger me tordait les entrailles. En désespoir de cause, j'ai croqué dans notre sol, les nuages. Une substance laiteuse, cotonneuse et emplie de douceur a envahi ma bouche. Je n'avais jamais rien goûté d'aussi délicieux ! Je ne pouvais plus m'arrêter : c'était si bon... Je croulais sous une exquise explosion de saveurs et mes papilles criaient d'extase.
Pour la première fois, j'avais créé un cratère dans le sol, que mon désir insatiable de manger élargissait toujours plus. Pour la première fois aussi, un Ange s'était alors retrouvé piégé sur Terre par ma faute. Comme si cela ne suffisait pas que, chaque jour, vos avions fauchent certains de nos compagnons de fortune et les fasse chuter sur la Terre, il fallait en plus que je m'en mêle et que d'autres tombent dans les cratères créés par ma boulimie !
La situation devenait désespérée. L'Ange en Chef avait eu beau remettre tout en place autour de moi pour m'éviter de mange notre sol, cette substance merveilleuse m'obsédait. Au plus grand malheur de tous, ma réputation ne fut plus à faire et on me surnomma très vite « La Croqueuse de Ciel ». Chacun avait sans cesse la peur au ventre. « Et si j'étais le prochain... » était la phrase qui brûlait inlassablement toutes les lèvres, malgré le fait que personne ne souhaitait la formuler. C'était une véritable torture, pour moi comme pour les autres !
La décision avait été prise à l'unanimité : moi, Melba, Croqueuse de Ciel, irai sur Terre pour réparer mes erreurs et ramener les Anges déchus à tort...

Tags : roman

La Croqueuse de Ciel - Chapitre 1. 14/11/2017

Ça y est. C'est le jour J. Le jour de la Descente. Je dois me rendre sur Terre. J'appréhende : je ne me souviens pas de ma vie là-bas. Aucun Ange ne s'en souvient. Après la mort d'un Humain, lorsque son Âme gagne le droit d'accéder au Ciel, elle va au Réfectoire.
Oh, ne vous réjouissez pas trop vite, je vous vois venir à des kilomètres : non, ce n'est pas une cantine ! J'avoue qu'on déguste, mais pas comme vous l'imaginez... Moi, je préfère appeler cet endroit la Salle aux Mille Visages. C'est plus poétique. Et ça ne me ramène pas sans arrêt à ma fichue boulimie, qui me cause bien assez de problèmes comme ça !
Dans cette salle, l'Âme, que l'on appelle une Opaque, doit choisir la couleur qu'elle revêtira, comme une seconde peau. Les Âmes Noires sont généralement mesquines, rancunières, opiniâtres et promptes à la bagarre mais elles ont de l'humour. Les Âmes Blanches sont plus douces, attentives, patientes, tolérantes et optimistes mais sont trop sensibles et prennent les choses trop à c½ur. Pour l'aider à faire un choix, une Opaque a mille miroirs autour d'elle, qui montrent chacun une facette de sa personnalité et les répercussions qu'elle a eu sur ses actions sur Terre. L'Opaque revoit ainsi la totalité de son existence, de manière à être contrainte de réfléchir sur l'influence positive ou négative qu'elle a eue sur le Monde.
Moi, je privilégie le terme d'Âme Translucide, car il contient le mot « lucide ». Or, c'est le dernier moment, avant de devenir Ange, pendant lequel l'Âme se rappelle de son vécu terrestre. Quand elle a fait un choix, elle passe dans l'Occultoire : elle oublie tout de son passé, et seuls demeurent son principal défaut, sa qualité première et son trait de caractère dominant. Ainsi, il se trouve que je m'empiffre à longueur de temps, mais que je suis toujours souriante et attentionnée.
Ensuite, un Teinturier, Blanc ou Noir selon le choix de chaque Âme, nous fait revêtir notre couleur, comme une seconde peau. J'aime beaucoup observer les Teinturiers, même s'ils me rendent triste. Ce sont des Anges, eux-aussi, mais ils sont en marge de tout : tout le monde a peur de les approcher, de crainte de voir leur Âme changer soudainement de couleur. Parfois, je me demande ce que serait ma vie si j'avais fait un autre choix de couleur. D'autres fois, je me demande comment l'on passe du statut d'Ange à celui de Teinturier. Certains disent que, à force de douter sur la couleur de leur Âme, ils sont devenus des Âmes Grises.
Être une Âme Grise est pire que la mort, pour les Humains. On est incapable de faire un choix. On n'est ni bon ni mauvais. On ne sait pas si l'on veut vivre au Sous-Sol, où vivent généralement les Âmes Noires, ou dans le Petit Ciel, où l'on trouve principalement des Âmes Blanches. Les autres Anges ne savent pas non plus sur quel pied danser, et si l'on est digne de confiance...
Je déglutis. Ce sujet me déprime. À l'origine, j'essayais de détourner mes pensées du fait que c'est le jour de la Descente... La vérité, c'est que je n'ai aucune idée de ce que je vais vivre sur Terre, et que j'ai oublié avec quelle force les émotions peuvent envahir un être humain, la sensation d'avoir un corps qui emprisonne son Âme... Bon, cela n'est pas très grave, j'aime les découvertes, mais j'appréhende vraiment ! Enfin, peut-être que la réalité est bien moins sombre que ce que j'imagine, qui sait ?!
Toutes sortes de questions me hantent tout de même : est-ce que la Chute est douloureuse ? où vont disparaître mes Ailes auxquelles je tiens tant ? est-ce que je vais perdre mon Aura et mon Odorat, qui me permettent d'être reconnue des Anges et de les reconnaître ? comment vais-je faire pour ramener les Déchus à tort par ma faute ? et comment les différencier des vrais Déchus ? combien de temps vais-je devoir rester sur Terre ? est-ce que l'Ange en Chef va me forcer à rester éternellement sur Terre pour me punir ? et si j'échoue dans ma Quête, que se passera-t-il ?
Soudain, je sens que l'on me pousse dans le dos. Ma Chute commence subitement, interrompant le fil de mes pensées. Je ne sais pas si l'Ange en Chef a choisi ce moment pour que je n'aie pas trop le temps de douter et d'appréhender ou si c'est un coup bas. Je suis tétanisée et silencieuse, la bouche grande ouverte et les yeux écarquillés. Mes Ailes sont repliées dans mon dos et ne me servent à rien : elles sont paralysées. L'air entre avec force dans ma bouche. Je ne peux plus respirer. Une douleur atroce me tord les entrailles. Personne ne m'a dit que ça faisait aussi mal. Je crois que ce sont mes poumons qui sont en train de pousser. Les Anges n'ont pas de poumons... Une autre douleur, tout aussi forte, se mêle à celle-ci. Je suis en train de perdre mes Ailes... Je retiens mes larmes. J'ai si mal que je ne pense même pas à l'atterrissage.
Aussi surprenant que cela puisse paraître, je touche le sol avec une extrême douceur. Pour la première fois, mon corps touche le goudron. La sensation est désagréable. Je regrette les doux nuages laiteux et cotonneux. Je suis allongée, face contre terre. J'ai les yeux injectés de sang, je suffoque et je saigne du nez. Mon corps sait instinctivement comme respirer, Dieu merci. Par contre, je peine à me remettre debout : je ne sais pas sur quels membres m'appuyer pour me relever.
- Pff, ça commence bien !
J'ai un hoquet de surprise. Je n'avais jamais entendu ma voix. Les Anges ne parlent pas, ils communiquent par la pensée. J'ai émis une sorte de grondement rauque, très peu attirant. J'espère que c'est dû au choc de la Chute et que je n'aurais pas tout le temps cette voix...
Alors que j'essaye laborieusement de me relever, pas encore habituée à avoir un corps, un jeune homme vient à mon secours. J'espère qu'il n'a rien vu de ma Chute !
- Attend, je vais t'aider ! s'exclame-t-il, apparemment ravi de pouvoir donner une main secourable à quelqu'un.
Avant que je ne puisse protester, ses bras puissants me soulèvent du sol et mon visage se retrouve soudainement contre sa chemise de coton blanc, qui sent merveilleusement bon.
- Merci, heu... Jean-Louis ? murmuré-je en m'éloignant lentement du torse du garçon, un sourire joueur sur le visage malgré la douleur et la fatigue, tout en m'époussetant. Réalisant que je n'ai pas de manches, je m'essuie le nez du dos de la main, tout en maudissant intérieurement l'Ange en Chef et ses farces idiotes. Selon lui, elles peuvent être utiles pour gagner en expérience et en sagesse. En plus, je crois qu'il a voulu que je découvre en premier des sensations désagréables, pour que je ne m'attache pas trop à la Terre et à ses habitants et que je n'oublie pas que je suis ici pour mener à bien une mission et réparer mes erreurs passées.
« Putain d'enfoiré d'Ange en Chef, je vais le buter : il m'a foutu une chemise de nuit de dentelle blanche, qui m'arrive juste sous les fesses, comme s'il n'avait pas le pouvoir de me mettre de vrais vêtements ! », pensé-je, horrifiée. Pour la première fois depuis que je suis un Ange, je découvre des sensations et des émotions qui sont propres aux Humains. J'ai mal partout, j'ai froid et je suis gênée.
- Aimé.
J'allais répondre que c'est un magnifique prénom et qu'il lui va très bien, même s'il a une tête de Jean-Louis ou de René-Charles, mais une affreuse quinte de toux me plie en deux. Mes poumons ne doivent pas encore être totalement formés. Je crache du sang au creux de ma main. Toute trace de sourire disparaît du visage du beau blond, qui s'est d'avantage approché de moi et adopte désormais une mine soucieuse et effrayée.

Tags : roman

La Croqueuse de Ciel - Chapitre 2. 14/11/2017

Une fois de plus, mon visage repose contre le torse d'Aimé. Mes mains agrippent sa chemise, y laissant de petites traînées de sang. L'odeur salée de celui-ci, qui fait penser à de la rouille, d'après ce qu'on m'a raconté, se mêle à celle de son parfum. J'ai la tête qui tourne, et pas seulement à cause des senteurs et de ma faiblesse. Toutes sortes d'émotions m'envahissent, alors qu'il y a encore quelques minutes, je ne savais même pas ce qu'était être humaine, et j'ai du mal à pouvoir mettre un nom sur chacune : je ne sais plus où j'en suis ! De Là-Haut, je n'avais jamais compris à quel point les sentiments et les sensations sont puissantes, omniprésentes dans chaque être humain et ayant un impact sur chaque choix et chaque action. Troublée, je relève le menton pour regarder Aimé, comme s'il était un phare dans la nuit, pour un Ange en perdition comme moi.
- Tu ressembles à un Ange, avec tes boucles dorées...
Les mots m'ont échappé malgré moi. J'ai encore du mal à distinguer les moments où je parle et ceux où je pense, parce que, depuis que je suis un Ange, je n'ai jamais parlé. Je choisissais quand ma pensée était accessible à quelqu'un ou non, et à qui, et j'allais de pensée en pensée, quand quelqu'un me rendait les siennes accessibles. En plus de ça, le visage de ce garçon me fascine. Et ses cheveux me semblent si doux et soyeux. Il est à croquer... comme les nuages ! Dire qu'il est à dessiner ne serait pas faire assez honneur à sa beauté.
Je vois une étincelle illuminer ses yeux. Ils sont d'un bleu qui m'électrise : des frissons parcourent mon corps, et je me retiens à grand peine de soupirer d'extase. Son regard accroche le mien. Alors que, de tous les Anges du Ciel, j'étais la seule à pouvoir véritablement me vanter d'avoir un fabuleux teint de pêche, je sens le rouge me monter aux joues : je sais que je suis ridicule. Mais bon, il paraît que le ridicule ne tue pas... et de toute manière, je ne peux pas mourir, puisque je suis un Ange !
- Je suis vraiment désolée, les mots se sont bousculés en moi et...
- Ne t'en fais pas. Je ne suis pas un ange, loin de là, même si je suis incroyablement beau, me souffle-t-il à l'oreille, d'une voix à la fois taquine, douce et enchanteresse.
Je peux sentir l'haleine du jeune homme se déchaîner dans mes cheveux roux quand il me répond, alors que je suis toujours blottie contre son torse.
Une nouvelle quinte de toux me transperce la poitrine, et de nouveau, je crache du sang. Sans m'en rendre compte, je pose l'une de mes mains sur le torse d'Aimé, à côté de mon visage, et la seconde sur son avant-bras. Une fois de plus, un tourbillon d'émotions que je ne comprends pas très bien me vrille la cervelle : douleur, peur, colère, désir... Je ne peux pas m'empêcher de gémir, sans trop savoir si c'est de douleur ou parce que, dans la panique qui l'anime, Aimé, à la fois puissant et doux, resserre son étreinte autour de moi pour me maintenir debout.
Avant de venir sur Terre, je ne comprenais pas non plus à quel point les Humains sont faibles et ont besoin d'être soutenus par quelqu'un de doux et de fort à la fois. « Comme Aimé avec moi. », ne peut s'empêcher d'ajouter mon esprit rendu confus par la tempête émotionnelle qui chamboule tout en moi. Je commence à comprendre ce qu'est véritablement être Humain. Avant, je ne faisais qu'imaginer, et j'étais bien loin de la réalité !
De douleur, je ferme les yeux et commence à haleter, serrant plus fort la chemise d'Aimé entre mes doigts. Subitement, c'est comme si trop d'air entrait dans mes poumons, dans une grande inspiration, et la douleur cesse aussi vite qu'elle était venue : mes poumons ont enfin fini de se former, Dieu soit loué !
Libérée de tant de douleur et rendue folle par toutes les émotions qui m'assaillent, je ris et je pleure à la fois, mon visage enfoui dans la chemise d'Aimé rendue immonde par mon sang. Seul ce fichu bout de tissu me sépare de sa peau qui, j'en mettrais ma main au feu, est bien plus douce que du velours. J'ai eu beau lui cracher du sang dessus et rire comme une démente, je trouve l'instant magique et d'une extrême douceur. Aimé, alors qu'il ne me connaît pas, me murmure des paroles réconfortantes à l'oreille, son souffle chaud me donnant la chair de poule.
Lorsque je frissonne, en lui disant que je n'ai plus mal nulle part, il n'hésite pas une seule seconde : avec une infinie délicatesse, il desserre son étreinte, et, me surveillant du coin de l'½il pour être sûr que je ne chancelle pas, enlève sa chemise et me la pose sur les épaules. Je m'apprête à ouvrir la bouche pour lui dire merci, mais, comme une idiote, je dis sans réfléchir :
- J'ai faim...
Surpris, il éclate de rire en s'exclamant :
- Eh bah tu vas beaucoup mieux, on dirait : quand l'appétit va tout va !
Sa voix est enjouée, mais ses yeux le trahissent : il est inquiet pour moi.
Il me détaille des pieds à la tête, son visage se décomposant au fur et à mesure. La vision que je lui offre est désolante : je tremble comme une feuille, serrant sa chemise, souillée par mon sang et bonne à finir aux ordures, autour de mes épaules. En tentant de m'essuyer le nez et la bouche du dos de la main, j'ai étalé mon sang sur mon visage plus que je ne l'ai fait partir.
Lentement, il s'approche de moi et, avec douceur, de ses pouces, me nettoie le visage. Puis, à ma plus grande surprise, il me soulève de terre avec tendresse et fermeté. Je me retrouve serrée contre lui, ma tête sur son épaule et mes jambes autour de ses hanches.
Après quelques secondes pour me remettre de mes émotions, alors qu'il a déjà commencé à marcher, je souffle à son oreille, d'une voix à la fois inquiète qui monte dans les aigus et vibrante du désir de rester dans ses bras pour l'éternité :
- Aimé, qu'est-ce que tu fais ?
Je déteste vraiment ne pas savoir gérer mes émotions, je ne sais pas distinguer celles que je ressens vraiment des autres !
« He ho, l'Ange en Chef, dites-moi ce que je ressens en vrai, au lieu de me compliquer l'existence ! Quitter le Ciel pour la Terre est déjà assez difficile comme ça : j'ai perdu mes ailes, mes poumons m'ont fait un mal de chien en poussant, j'ai mis du sang partout... C'est quoi la prochaine étape ? » maudis-je intérieurement l'Ange en Chef.
Aimé, extrêmement concentré, ne me répond pas. Sans trop savoir pourquoi, j'en profite pour regarder son dos, désormais nu puisque je porte sa chemine. Tout comme son visage, il est très pâle, je crois que c'est une particularité des blonds. Il est évident qu'il entretient son corps : il a de très beaux muscles. Une cicatrice, très marquée, va de son omoplate gauche à sa hanche droite.
Des larmes commencent à perler au coin de mes yeux : je croyais avoir souffert le martyr, avec mon nez et ma bouche en sang, mais ce doit n'être absolument rien à côté de ce qu'il a dû subir ! Mes pensées maudissant l'Ange en Chef me paraissent stupides et totalement infondées désormais.
Pourtant, je n'arrive pas à détourner mon regard de la cicatrice, et je dois me retenir à grand peine de l'effleurer du bout des doigts. Pour ne pas pleurer véritablement, je me concentre sur la chaleur qui émane de sa peau, sur la sueur qui perle sur son corps et sur son souffle, rythmé par l'effort, qui fait voler les petites mèches rousses à la naissance de ma nuque et fait se dresser mes poils.
Je ferme les yeux, à la fois épuisée et ravie d'être dans les bras d'Aimé. Malgré moi, je passe des bras d'Aimé aux bras de Morphée, ma tête à présent totalement collée contre le cou du beau blond.
Je me réveille dans un grand lit. Je prends plusieurs minutes avant de bouger, cherchant à me rappeler comment je suis arrivée là, sans succès. Je décide alors de me lever pour explorer la chambre. Celle-ci est décorée de meubles anciens, magnifiquement sculptés dans l'ébène. Sur la table de chevet, à droite du lit, se trouve une photo, soigneusement encadrée. Sur celle-ci, on peut voir un jeune homme aux cheveux si blonds qu'ils en sont presque blonds, assis derrière un piano, un grand sourire un peu déformé par la concentration. De chaque côté de l'instrument, un homme et une femme, resplendissants de bonheur, regardent droit devant eux.
Peu à peu, je me souviens d'Aimé et des moments passés dans ses bras, décidant d'occulter le reste. Cependant, je ne peux pas m'empêcher de regarder mes épaules. Je remarque immédiatement que sa chemise n'y est plus, et que je ne porte plus la chemise de nuit que j'avais lors de la descente. Je suis vêtue d'un pyjama bleu nuit en soie, bien trop grand pour moi.
A pas de loups, je me dirige vers la porte. Je l'ouvre pour me retrouver nez à nez avec Aimé, le poing en l'air car il s'apprêtait à frapper à la porte, l'autre main tenant à plateau repas.
- Bonjour, heu... Claudine. Je pensais qu'un bon petit déjeuner te ferait du bien.
- Merci, Jean-Louis : m'exclamé-je en riant, ouvrant la porte en grand pour lui permettre d'entrer.
Avec lenteur, il pose le plateau sur le lit.
- Oh, et je m'appelle Melba ! C'est pas juste : tu as un nom d'Ange et moi un nom de dessert... ajouté-je, faussement boudeuse.
C'est à son tour d'éclater de rire, l'½il pétillant. Et cette fois, ses yeux ne contredisent pas ses paroles : aucune marque d'inquiétude ne vient gâcher ce moment de bonne humeur et d'amusement.
- Allez, mange, marmotte ! s'exclame-t-il avec euphorie. Mes toasts bacon-miel sont les meilleurs de l'univers !
- Marmotte ? Pourquoi marmotte ? demandé-je en croquant dans l'un des toasts, de nouveau assise dans le lit.
- Tu as dormi pendant trois jours : impossible de te réveiller... Même quand je t'ai lavée et déshabillée, tu n'as pas réagi !
- C'est pas normal, de dormir trois jours ? le week-end est pas fait pour ça ? le questionné-je, curieuse d'apprendre les habitudes des Humains.
Il m'observe longuement, surpris, puis s'assoit à côté de moi, me volant un morceau de toast au passage. Je lui frappe le dos de la main et lui lance un regard noir : personne ne touche à ma nourriture sans subir mon courroux !
- Tu es plutôt étrange comme fille, tu sais ? constate-t-il.
- Merci !
- C'est pas un compliment !
- Ah...
- Bon, tu dois venir des pommiers de la lune pour ne pas savoir des choses comme ça, mais je vais t'expliquer comment agir normalement, souffle-t-il, plongeant ses yeux bleus dans les miens, verts.
- Merci...
J'espère vraiment avoir mis de la... reconnaissance ? dans ce mot. Je reconnais de mieux en mieux les émotions que je ressens, mais je ne sais pas encore comment on les exprime : et si je montrais de la frustration au lieu de la gratitude ? J'attends patiemment un signe : un sourire, un regard, un hochement de tête, ou n'importe quoi d'autre, pour me rassurer...

Tags : roman

La Croqueuse de Ciel - Chapitre 3. 27/11/2017

Pendant de longues heures, Aimé m'a expliqué comment « les gens d'ici » se comportent, même si je ne sais toujours pas où est « ici ». J'ai bu chacune de ses paroles, mes yeux fixés sur la photo de la table de chevet. Le garçon au piano m'intrigue vraiment. La photo a l'air vraiment ancienne, et pourtant, l'enfant ressemble comme deux gouttes d'eau à Aimé. Alors que le silence s'installe, mon regard détaille une nouvelle fois la pièce. Je dois me détourner de la photo et cesser de me poser des questions inutiles. Subitement, Aimé me sort de mes pensées.
- Tu m'as fait une peur bleue, tu sais ?
- Pourquoi ?
- Tu ne t'es pas vue : tu étais très pâle et tu saignais du nez. Au départ, quand je t'ai vue te relever, j'ai cru qu'il y avait eu une nouvelle attaque.
- Une nouvelle attaque ? me contenté-je de répéter bêtement, avec de grands yeux ronds.
- J'ai vraiment beaucoup de choses à t'apprendre, on dirait. Suis-moi...
Lentement, il se lève du lit et se dirige vers la porte de chambre pour l'ouvrir. Je le suis dans l'immense couloir, qu'il a laissé dans l'obscurité. Il s'arrête de manière si soudaine que je lui rentre dedans. Alors que j'essaye de m'habituer à l'obscurité, il s'agenouille. J'entends le parquet d'ébène craquer à plusieurs reprises.
- Fais attention, c'est très étroit, murmure-t-il alors que je suis éberluée.
Il a ouvert une trappe, laquelle cache des marches branlantes. Plus je descends, et plus l'odeur de renfermé envahit mes narines. Le froid et l'humidité de l'endroit me font frissonner. Il referme la trappe puis allume une lampe à huile semblant être venue d'un autre âge.
- Où sommes-nous ? C'est ton... repaire ?
- Je viens ici très souvent. A chaque attaque, pour être exact. Il y a des bombes parfois, mais le plus souvent, ils affament le peuple où le rendent malade. L'hôpital le plus proche est à quinze kilomètres. Ils ont détruit toutes les pharmacies et tous les hôpitaux du village. Tous les commerces aussi. Avant-hier, ils ont égorgé le seul boulanger qui avait résisté. Ils ont violé sa femme et torturé ses trois enfants. Ils ont brûlé vifs les deux petits frères et ont vendu la petite fille à un homme riche. Pour elle, il n'y a plus que deux avenirs possibles : l'esclavage, où elle lui appartiendra entièrement, ou la prostitution, pour qu'il gagne de l'argent sur son dos Tu n'as pas remarqué qu'il n'y avait personne dehors quand je t'ai trouvée ? Tu n'as pas trouvé étrange que je paraisse aussi calme, à murmurer presque tout le temps ? On est en guerre, Melba. Je n'aurais pas dû me trouver à l'extérieur quand je t'ai rencontrée : je devais aider un ami à se cacher.
Je hoche la tête, pensive, puis, après un silence lourd et pesant, demande :
- C'est avec la guerre que tu as eu ta cicatrice ?
Il soupire et pose son regard sur la lampe à huile, pour ne pas avoir à croiser le mien.
- Mes parents sont morts. Ce sont mon oncle et ma tante qui m'ont élevé. On vivait en Italie. On était riches. Puis on a dû fuir le pays, je n'ai jamais vraiment compris pourquoi. Ils ont toujours très soigneusement évité de répondre à mes questions sur le sujet. Ma tante était bénévole dans une association humanitaire, c'est pour ça qu'on est venus vivre ici. Quelques années après, le gouvernement a engagé des hommes de main pour les assassiner. Ce jour-là, ils m'ont torturé avant de me laisser pour mort. J'avais cinq ans.
- Je ne comprends pas ? Pourquoi tuer ton oncle et ta tante ? Pourquoi te torturer ?
- Ils donnaient de l'espoir à la population, l'ambition d'avoir une vie meilleure et d'être libres. Quant à moi, ces hommes-là aiment rire du malheur des autres, tant qu'ils jouissent d'une position dominante : j'étais leur jouet. Ils préfèrent l'amour du pouvoir au pouvoir de l'amour. J'espère survivre assez longtemps pour quitter le pays un jour. Peut-être retourner en Italie. Ou en Amérique... ou en France...un pays libre, en tout cas !
Intérieurement, je réalise que, depuis la descente, je ne me suis intéressée qu'à ma petite personne : MES sentiments, MES douleurs, MES pensées... Pourtant, une petite voix dans ma tête ne peut s'empêcher de se demander pourquoi l'Ange en Chef m'a envoyée dans un pays en guerre et non ailleurs. Ce n'est quand même pas mon devoir de rétablir la paix dans ce pays, si ? Aurais- je une autre mission que celle de ramener au Ciel les Déchus à tort ? Racheter mes fautes ne suffirait-il pas pour me permettre de retourner dans le Petit Ciel ? Quand je vivais dans le Ceil, je nai jamais visité le Sous-Sol, mais le Petit Ciel me manque énormément. Les Anges qui y vivent ont appris à me connaître et à m'aimer, malgré mes longues rêveries solitaires et ma manie de manger tout ce qui se trouve à ma portée. Et pourtant, Dieu sait que je les exaspère ! J'ai vraiment hâte de rentrer chez moi : vivement que ma mission se finisse...
- Et ton ami ? Tu l'as caché ? l'interrogé-je avec une pointe de curiosité, mais surtout pour dévier de mes pensées.
Comme si la lueur de la lampe à huile était connectée aux émotions d'Aimé, elle vacille alors que des larmes coulent sur les joues de celui-ci.
- Je suis arrivé trop tard. Sa tête avait été clouée à sa porte, avec un message d'avertissement adressé aux autres villageois.
D'un claquement de doigts, j'aimerais pouvoir régler tous les problèmes qu'on rencontre sur Terre, ne serait-ce que pour ne pas voir la douleur dans les yeux d'Aimé. Pourtant, quelque chose au fond de moi me dit que cette douleur qu'il ressent est là pour lui rendre service, pour l'aider à résoudre sa quête intérieure. Je suis persuadée que cette intuition vient de l'Ange en Chef, pour me guider et faire d'une pierre deux coups en m'aidant moi aussi à avancer dans ma tâche.
Alors que je m'apprête à ouvrir la bouche pour parler, Aimé met son index devant ses lèvres pour m'inciter à me taire. Il lève la tête au-dessus de nous et tend l'oreille. Je l'imite. Très vite, je perçois des bruits de pas et quelques voix. Nous restons immobiles et silencieux durant un temps qui me semble être une éternité, et c'est avec une grande réticence et la peur au ventre qu'Aimé se décide enfin à entrouvrir la trappe pour vérifier si la voie est libre. Lorsque j'entends qu'il ose respirer à nouveau et que je vois ses épaules s'affaisser de soulagement, je comprends que nous ne courons plus aucun danger.
- Ils ont dû me voir devant chez mon ami, souffle-t-il.
- Ils veulent ta peau ?
- Ne fais confiance à personne. C'est la règle d'or.
- Mais tu m'as fait confiance !
- Non. Mais tu aurais été facile à tuer en cas de problème.
Il a répondu du tac au tac, sans aucune délicatesse dans la voix, avec même une certaine rudesse. Avec une nonchalance feinte, comme s'il ne m'avait pas fait de la peine, je réplique :
- La meilleure arme de guerre, c'est la faiblesse. Soit tu retournes la forces de ton adversaire contre lui-même, soit tu fais en sorte qu'il te sous-estime pour mieux l'achever. J'aurais pu te mettre à terre en un claquement de doigts !
Finalement, la vie sur Terre ne me plait pas le moins du monde. Même les gens qui sont censés ½uvrer pour le bien sont capables de tuer pour se protéger, eux et leurs valeurs ! Bien sûr, certains Anges s'entretuent aussi, mais quand ils « meurent » ils restent enfermés dans l'Endormoir le temps de comprendre les conséquences de leurs actes, ce qui, en temps humain, peut durer entre quelques secondes et quelques millénaires. Souvent, ce sont les « bébés » Anges qui se tuent pour s'amuser, pour trouver, en vain, des limites à leur éternité. La Terre et le Ciel sont comme le jour et la nuit. Sur Terre, tout est plus... définitif ? Quand tu es mort, c'est pour la vie ! Et des gens osent jouer avec ça ! Même Aimé !
Pourtant, mon Odorat ne m'a pas dit ça de lui. En plus de me permettre de reconnaître des Anges quand j'en croise, elle me donne pléthores informations sur les gens. J'avais perçu une odeur de guimauve, symbole de douceur et de bienveillance. Comment mon Odorat peut-il m'avoir trahie à ce point ?
C'est d'un pas lourd que je remonte les marches qui mènent au couloir, sans un regard pour Aimé. Je ne sais pas si je suis toujours trop tenaillée par un ce flot de sensations que je reconnais et maîtrise mal, mais je ne supporte plus sa présence à mes côtés. J'ai l'impression d'étouffer et j'ai peur d'exploser de colère d'une seconde à l'autre. Il m'a vraiment dupée jusqu'au bout, avec ses toasts sortis de nulle part et ses éclats de rire !
- Merci pour tes toasts rassis, mais je dois y aller...
Il me retient fermement par le poignet, si bien que j'esquisse une grimace de douleur.
- La seule chose que tu vas réussir à faire, c'est te faire tuer, me crache-t-il au visage, fou de rage.
- Tu. Me. Fais. Mal, articulé-je difficilement alors que j'observe l'éclair de fureur, et peut-être aussi de folie, qui passe dans son regard.

Tags : roman

Sommaire - Elle que j'aime tant... 02/05/2017

Résumé : On est prêts à tout par amour... même au pire ! Et ça, Yoann ne le réalisera que lorsque la fille qu'il aime se retrouvera dans le coma par sa faute.
 
1. Prologue (enligne)
2. Chapitre 1 (en ligne)
3. Chapitre 2 (en ligne)
4. Chapitre 3 (en ligne)

Tags : sommaire - amour - trahison - coma - solitude - tristesse - regrets - remords

Elle que j'aime tant - Prologue. 02/05/2017

Je suis populaire dans mon lycée.
Un vrai populaire.
Pas un de ces bouffons narcissiques et prétentieux qui marchent sur les pieds des autres pour exister.
Pas un de ces bouffons narcissiques et prétentieux qui prennent les femmes pour des "fourre-noix" et les jettent comme de vulgaires objets.
Tout le monde me trouve gentil, attentionné, possédant tout un tas de qualités.
Je suis l'ami que tout le monde rêverait d'avoir, qu'ils disent...
S'ils savaient la vérité, ils feraient mine de ne pas me connaître et, comme moi, ils me haïraient au point de vouloir me réduire à néant !
Ce que j'ai fait...
Je ne peux pas vivre avec ce que j'ai fait !
S'ils savaient comme je hais le monstre qui se cache derrière ma réputation de garçon brillant, bien élevé et sociable !
Mais ils ne savent même pas qu'un monstre se cache en moi.
Elle, elle doit savoir !
Je dois lui dire...
Chaque jour, je vais la voir pour tout lui raconter.
Chaque jour, j'espère revoir ses grands yeux noirs.
Chaque jour, ils restent obstinément fermés.
Chaque jour, ma bouche libère des mots.
Chaque jour, ma bouche m'emprisonne sous une pluie de regrets et de remords.
Ce que j'ai fait...
Ce que je n'ai pas fait...
Tout l'a conduite ici, dans ce lit d'hôpital.
Entre la vie et la mort.
Elle, que j'aime tant...

Tags : roman

Elle que j'aime tant - Chapitre 1. 02/05/2017

- Coucou ma belle ! Ça va ?
« Non mais quel crétin je fais ! Elle est dans le coma, elle ne risque pas de me répondre...» me réprimandé-je intérieurement.
Je sais que je peux lui parler mais que je ne dois pas attendre de réponse d'elle en retour, pourtant, mon cerveau refuse d'accepter cet état de fait.
Ça fait deux mois que je lui rends visite tous les jours, et chaque fois, je l'assomme de questions. Ou en tout cas, mes questions l'assommeraient si elle était consciente.
La vérité, c'est que j'ai peur qu'elle ne puisse plus jamais répondre à mes questions, aussi idiotes soient-elles.
La vérité, c'est que j'ai peur de tout lui raconter, alors même qu'elle est dans le coma.
Et si c'était vrai ? Que les gens qui sont dans le comas entendent tout ? Et si elle commençait à me haïr avant même de sortir du comas, si un jour elle en sort ?!
Je fixe ses paupières intensément, espérant qu'elles s'ouvrent pour me laisser apercevoir ses grands yeux noirs qui m'ensorcellent.
Mon regard ne quitte pas son visage une seule seconde, et ce n'est que lorsque ma main entre en contact avec sa joue que je réalise que, tremblant comme une feuille, je n'ai pas pu résister à l'envie de la toucher.
Je frissonne : j'aurais tellement aimé que son corps réagisse à mon geste.
Je me souviens de toutes nos nuits passées à regarder des films. Ou plutôt d'elle dormant devant des films, la tête sur mon épaule.
Elle est si belle quand elle dort, on dirait un ange tombé du ciel.
Elle est mon oxygène, ma raison de vivre.
Comme le parfait crétin sans cervelle que je suis, je ne lui ai jamais avoué mes sentiments ! Je voulais rester son meilleur ami et devenir plus que ça en même temps... Résultat, ELLE a tout perdu !
Comme le parfait crétin sans cervelle que je suis, je l'ai laissée s'énamourer d'un autre, alors que j'étais là, toujours à ses côtés, espérant un mot, un geste, un regard d'elle m'invitant à faire un pas vers elle !
Comme le parfait crétin sans cervelle que je suis, j'ai laissé la jalousie transpercer mon c½ur de sa flèche empoisonnée !
Comme le parfait crétin que je suis, je n'ai pas vu qu'en la souhaitant heureuse avec moi, et non avec l'autre cul-de-pelle, je la rendais triste comme les pierres et faisais de sa vie un véritable enfer !
Comme le parfait crétin que je suis, j'ai détruit tous ses espoirs !
Comme le parfait crétin que je suis, je l'ai détruite !
Elle, que j'aime tant...
Ma Lison.
Je ferme les yeux, et je nous visualise tous les deux devant un film. Elle s'est endormie sur mon épaule, comme à son habitude. Elle a un sourire serein sur les lèvres. Elle se sent en paix et en sécurité avec moi. Comme souvent dans ces moments, je lui murmure à l'oreille tout ce que je n'ose pas lui avouer quand elle est réveillée. Bien souvent, je me contente d'un « Je t'aime ».
Ô, si elle avait entendu tous mes « Je t'aime », elle aurait su qu'ils contenaient la lune et les étoiles, les montagnes et les volcans, les océans et les rivières !
Ô, si elle avait entendu tous mes « Je t'aime », elle aurait su qu'ils lui offraient le monde !
Mais aujourd'hui elle ne dort pas, et ce n'est pas le monde que je vais lui offrir...
Ce sont mes mensonges !
Ce sont mes coups-bas !
Ce sont ma jalousie et ma colère aveugle !
Ce sont le monstre qui est en moi et ma possessivité meurtrière !
C'est le vrai Yoann !

Tags : roman